En cette saison estivale, peut-être faites-vous partie de ces nombreux Québécois qui ont décidé de ne pas visiter Myrtle Beach ou de reporter à nouveau leur rêve de Disney en Floride. Guerre tarifaire, présidence décriée, menace de faire de notre « plus beau grand pays » un 51e état américain… Les Canadiens boudent tellement les États-Unis que leurs cellulaires y émettent 42 % moins d’ondes que l’an dernier, a récemment révélé une étude de l’Université de Toronto.
Certes, cette analyse des données n’a pas étudié l’augmentation des ondes cellulaires en sol canadien. Mais on s’en doute : encore cet été, bon nombre de couples et de familles ont décidé de rester de ce côté de la frontière. Le sondage annuel de CAA-Québec révèle d’ailleurs que les Québécois qui ont l’intention de prendre la route des vacances hors de la Belle Province le feront soit en Ontario (45 %), soit dans les Maritimes (43 %).

Autant de voyages sur les routes où la tentation d’utiliser le cellulaire au volant — réviser l’itinéraire, trouver un bon resto, réserver un hôtel — sera forte. Si vous êtes de ceux qui ont de la difficulté à ne pas vous servir de votre téléphone portable lorsque vous conduisez, vous devez savoir que certaines provinces sont encore plus sévères que le Québec dans leurs sanctions contre la distraction au volant.
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Il y en a même une qui vous déleste de votre auto pendant 7 jours si vous en êtes à votre seconde infraction. Une semaine passée dans un bled perdu des Prairies, ça vous dit?

Distraction au volant : des provinces les plus strictes à celles qui « laissent aller »
Voici donc, en ordre décroissant, les juridictions canadiennes où les lois contre la distraction au volant vous coûteront le plus cher en termes de dollars. Au passage, vous remarquez que la moitié des provinces/territoires servent une suspension du permis de conduire de 24 h à trois jours dès la première récidive. Vous découvrirez aussi les juridictions qui sont les moins strictes — et elles ne se trouvent pas que dans les Maritimes…
Manitoba
Amende : 675 $
Points d’inaptitude : 5 points
Suspension de permis : 3 jours (1re récidive) à 7 jours
Ontario
Amende : 615 $ à 3 000 $
Points d’inaptitude : 3 à 6 points
Suspension de permis : 3 jours (1re récidive) à 30 jours
Saskatchewan
Amende : 580 $ à 2 100 $
Points d’inaptitude : 4 points
Suspension de permis : aucune
Saisie de véhicule : 7 jours (dès la 1re récidive)
Île-du-Prince-Édouard
Amende : 575 $ à 1 275 $
Points d’inaptitude : 5 points
Suspension de permis : aucune

Yukon
Amende : 500 $
Points d’inaptitude : 3 points
Suspension de permis : aucune
Colombie-Britannique
Amende : 368 $
Points d’inaptitude : 4 points
Suspension de permis : de 3 à 12 mois selon les récidives
Nouveau-Brunswick
Amende : 340 $
Points d’inaptitude : 5 points
Suspension de permis : aucune
Territoires du Nord-Ouest
Amende : 322 $
L’amende double en zone scolaire ou chantier
Points d’inaptitude : 3 points
Suspension de permis : de 24 heures (1re récidive) à 30 jours

Québec
Amende : 300 $ à 600 $ ;
Points d’inaptitude : 5 points
1re récidive : amende de 600 $ et permis suspendu pendant trois jours ;
2e récidive : permis suspendu pendant 7 jours
3e récidive : permis suspendu pendant 30 jours
4e récidive :… vraiment, vous n’avez pas encore compris?
Terre-Neuve/Labrador
Amende : 300 $ à 1 000 $
Points d’inaptitude : 4 points
Suspension de permis : aucune
Alberta
Amende : 300 $
Points d’inaptitude : 3 points
Suspension de permis : aucune
Nouvelle-Écosse
Amende : 234 $ à 580 $
Points d’inaptitude : 4 points
Suspension de permis : aucune
Nunavut
La loi interdit l’utilisation des appareils électroniques au volant, mais ne prévoit aucune sanction. Cela dit, les policiers peuvent vous servir une contravention de 115 $ pour conduite imprudente.

Quelques réflexions « pour la route »
Le Manitoba et la Saskatchewan, là où les longs rubans asphaltés s’étirent à perte de vue, vous pourriez être tenté d’envoyer — oh juste un tout petit texto…
Erreur : les deux provinces sont sur le podium des plus strictes au Canada en matière de distraction au volant.
La première, le Manitoba, impose l’amende la plus élevée pour une première infraction : 675 $. La seconde, la Saskatchewan, est la seule de tout le Canada à saisir le véhicule lors d’une première récidive.
Et elle ne le fait pas qu’à moitié : ses autorités vont vous délester de votre auto pendant 7 jours. Une semaine passée dans le même bled perdu des Prairies, ça vous dit?
En Ontario, que bon nombre de Québécois vont visiter cet été, ou à tout le moins vont traverser, les pénalités pour distraction au volant atteignent des amendes record de 3 000 $ pour ceux qui n’en sont pas à leur première infraction.
Oh, et les points d’inaptitude doublent alors — jusqu’à six points. Et ne pensez pas que ces points de démérite (un anglicisme…) vont rester dans la province voisine. En effet, en vertu d’une entente de réciprocité, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) et l’Ontario se parlent en continu. Les points que vous récoltez d’un côté de la frontière vous suivent donc de l’autre.

Notez qu’aucune entente en ce qui concerne les points n’a été signée entre le Québec et les autres provinces canadiennes. Donc, si vous êtes « limite » dans votre dossier de conduite et que vous êtes vraiment un délinquant au volant (du cellulaire ou autre), vous voudrez choisir les Maritimes pour vos vacances estivales. Dans ces provinces, seule l’amende vous suivra en sol québécois, à l’adresse indiquée sur votre permis de conduire. Aucune de ces provinces ne suspendra ledit permis pour une récidive de la distraction au volant.
Un petit mot sur les Territoires du Nord-Ouest, pour dire que la réglementation y prévoit une disposition bien particulière : si vous êtes pris à utiliser votre téléphone au volant en zone scolaire ou dans un chantier routier, l’amende double de 322 $ à 644 $. Pas fou, comme principe.
La juridiction canadienne la plus permissive? Le Nunavut. Alors que toutes les autres législations ont voté leurs lois contre la distraction au volant avant 2008, le Nunavut n’a adopté la sienne qu’en 2019. Et encore, cette loi n’impose toujours aucune pénalité.
Vous avez bien lu : pas d’amende, pas de points d’inaptitude, pas de suspension de permis si vous conduisez en utilisant votre téléphone au volant. Dans le pire des scénarios, un policier pourrait vous décerner une amende pour conduite imprudente (115 $).
Mais vraiment, si on vous pince au Nunavut, cette contrée nordique où aucune route ne relie quelque 25 communautés isolées et où le réseau cellulaire est ce qu’il est…
… eh bien, vous l’aurez méritée, votre contravention.

Ce que dit — et ce que permet la loi
Le Code de la sécurité routière du Québec est très clair : comme conducteur, il vous interdit de faire usage d’un appareil électronique (…) ou de son écran d’affichage. L’automobiliste qui le tient à la main, ou de toute autre manière, est présumé en faire usage.
Faire usage, c’est : faire un appel, lire ou envoyer un texto, regarder l’heure, consulter son agenda, sélectionner une playlist, vérifier son Facebook, prendre une photo. Et oui, ça vaut « même si vous êtes arrêté à un feu rouge ou dans un bouchon de circulation (car) vous conduisez! » précise la SAAQ.
Qu’il s’agisse de l’écran d’un téléphone cellulaire installé dans son socle ou de celui intégré à la planche de bord de son véhicule, cet écran ne doit afficher que des informations utiles à la conduite du véhicule ou à ses équipements. Des exemples : la pression des pneus, la consommation de carburant, l’itinéraire (GPS). Et encore faut-il que cet écran n’obstrue pas la vue du conducteur et ne nuise pas à ses manœuvres.
Cela dit, la loi québécoise permet deux exceptions bien précises. Les connaissez-vous?
- Il est permis de tenir un cellulaire à la main pour composer le 9-1-1 ;
- Lorsque le véhicule est immobilisé, son usage est permis pour le paiement sans contact ou pour présenter une preuve de paiement ;
Quelles sont ces exceptions, dans les autres provinces? Elles varient tellement, alors dans le doute… stationnez-vous.
Et qui sait : parce que le premier endroit sécuritaire que vous trouverez pour vous garer — un parc, un café, un bord de mer — sera la découverte la plus intéressante de votre voyage.
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