Des secrets révélés au grand jour


Un paléontologue amateur, Patrick Brunet, et un géologue, John Calder, font équipe pour déterrer les secrets enfouis dans la terre rouge de l’Île-du-Prince-Édouard. Piolet à la main, Patrick arpente les côtes de la province à la recherche de fossiles qui sont révélés par l’érosion. Il passe ensuite des heures avec son mentor à référencer ces fossiles, à noter les descriptions et à formuler des hypothèses sur les espèces.
300 millions d’années
C’est l’âge de certains fossiles à l’Île-du-Prince-Édouard. À cette époque, la province insulaire se trouvait au centre d’un supercontinent – la Pangée. Elle était située directement sous l’équateur. Dans le climat aride de l’ère du Permien, les premiers grands reptiles parcouraient les berges fraîchement boueuses, y laissant des empreintes profondes. Le soleil durcissait ensuite cette boue, comme de la brique.

Malgré la découverte en 1845 d’un fragment de crâne de dimétrodon, un quadrupède ayant vécu à l’époque du Permien, l’Île-du-Prince-Édouard est longtemps considérée par les spécialistes comme un territoire dépourvu de fossiles. L’intérêt n’est ravivé qu’à la fin des années 1980 avec les premières découvertes d’empreintes de pas de reptiles à Point Prim et à Malpèque.
« [Il y a des] moments où j’ai du mal à y croire… Je suis la première personne à voir ces fossiles depuis 300 millions d’années! »
PATRICK BRUNET – Paléontologue amateur de l’Île-du-Prince-Édouard

L’érosion, une « épée à double tranchant »
Si l’érosion dévoile des fossiles vieux de centaines de millions d’années, l’effritement des côtes de l’Île-du-Prince-Édouard est aussi « une épée à double tranchant », selon John Calder. Chaque vague qui se brise sur la plage, chaque tempête est un rappel que le temps presse avant que la mer ne reprenne ce qu’elle a mis au jour.
Pour en savoir plus : Les fossiles cachés de l’Île-du-Prince-Édouard









