La Jensen Interceptor est de retour, du moins au Royaume-Uni. Cinquante ans après la disparition de la célèbre GT britannique, Jensen International Automotive dévoile l’Interceptor GTX, une interprétation entièrement moderne du modèle d’origine.
La Jensen Interceptor a été produite au Royaume-Uni entre 1966 et 1976. Dessinée par le carrossier italien Touring, ses premières carrosseries ont été fabriquées par Vignale avant que Jensen Motors ne reprenne la production au Royaume-Uni. Elle se distinguait par son mélange assez unique de style européen et de mécanique américaine. La plupart des versions utilisaient de gros V8 Chrysler et adoptaient une carrosserie de grand tourisme à hayon, avec une immense lunette arrière devenue emblématique.

L’Interceptor était alors une GT luxueuse, rapide et plutôt exclusive, positionnée face aux grandes routières européennes de l’époque. C’est précisément cet esprit que Jensen International cherche aujourd’hui à recréer avec une interprétation moderne beaucoup plus radicale.
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Contrairement à plusieurs projets qui font actuellement renaître des voitures anciennes, il ne s’agit ni d’une restauration ni d’un restomod. L’Interceptor GTX repose sur une nouvelle plateforme et a été conçue comme une voiture entièrement nouvelle. Elle sert pour l’instant de prototype fonctionnel et de vitrine technologique pour ce que Jensen souhaite développer au cours des prochaines années.

Un V8 de 6,8 litres et 960 chevaux
Jensen n’a certainement pas choisi la discrétion pour annoncer son retour. Sous le long capot de l’Interceptor GTX se trouve un V8 suralimenté de 6,8 litres développant 960 chevaux. Le moteur est dérivé du V8 LT5 de General Motors utilisé dans la Chevrolet Corvette ZR1 de génération C7, mais il a été profondément modifié par l’entreprise américaine Late Model Engines.
Moins de 20 % de ses composants proviendraient d’ailleurs du moteur GM d’origine.
Selon Jensen, cette mécanique pourrait supporter jusqu’à 1 200 chevaux, mais sa puissance a volontairement été limitée à 960 chevaux dans le GTX. Toute cette cavalerie est transmise uniquement aux roues arrière par l’intermédiaire d’une boîte séquentielle Samsonas à six rapports et d’un différentiel Wavetrac.
Le constructeur mise également sur un châssis entièrement en aluminium ainsi que sur une carrosserie dont les panneaux d’aluminium sont formés à la main. La suspension reçoit des amortisseurs Nitron réglables à trois voies, tandis que le freinage est assuré par des composants AP Racing.

Une voiture de piste… pour l’instant
Avec son immense aileron arrière, son séparateur avant et son diffuseur, le GTX est clairement orienté vers la piste. L’aileron peut notamment générer plus de 350 kilogrammes d’appui aérodynamique. L’habitacle reçoit également une cage de sécurité homologuée FIA, des sièges de compétition en fibre de carbone, des harnais à six points et un système d’extinction d’incendie.
Mais cette spectaculaire version n’est que la première étape du projet. Jensen prévoit par la suite une Interceptor GTR, toujours axée sur les performances, mais homologuée pour la route. Une Interceptor GT plus luxueuse devrait ensuite voir le jour et reprendre davantage la vocation de grand tourisme de l’Interceptor d’origine. Environ 80 % du design extérieur du GTX devrait d’ailleurs être conservé pour les futurs modèles routiers.
La production demeurera toutefois très artisanale. Jensen estime qu’un GTX similaire au prototype coûterait entre 850 000 et 950 000 livres sterling selon sa configuration, soit bien au-delà de 1,5 million de dollars canadiens avant taxes et autres frais.
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