Les constructeurs automobiles chinois pourraient bientôt franchir une nouvelle étape dans leur implantation en Amérique du Nord. Selon Christian Meunier, président de Nissan Americas, certains d’entre eux pourraient même commencer à assembler des véhicules au Mexique d’ici deux ou trois ans.
Une telle stratégie permettrait aux marques chinoises de se rapprocher considérablement du marché américain tout en réduisant l’impact des droits de douane imposés aux véhicules importés de Chine. Le Mexique représente donc une porte d’entrée particulièrement intéressante pour ces constructeurs qui cherchent à accélérer leur expansion internationale.

Tout est une question de coûts
Le patron de Nissan Americas sonne l’alarme. Cette perspective représenterait un nouvel enjeu de compétitivité pour les constructeurs automobiles bien établis, face à l’arrivée potentielle de nouveaux concurrents chinois. L’entreprise nippone travaille donc actuellement à réduire ses coûts et à revoir sa structure de production afin de mieux faire face à cette nouvelle concurrence.
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Christian Meunier estime d’ailleurs que la maîtrise des coûts deviendra l’enjeu central dans l’industrie automobile, au cours des cinq prochaines années. Produire au Mexique permettrait donc aux constructeurs chinois de profiter d’une chaîne d’approvisionnement locale, de réduire certaines dépenses liées au transport et aux tarifs douaniers et d’améliorer ainsi leur compétitivité.
Nissan surveille donc la situation de très près, considérant que le constructeur produit déjà plusieurs modèles destinés au marché nord-américain au Mexique et qu’il s’appuie sur son partenariat avec Dongfeng pour amener deux véhicules de conception chinoise sur le marché mexicain. L’entreprise affirme d’ailleurs devoir maintenir sa production au Mexique afin de conserver des coûts suffisamment bas sur certains véhicules.

Forcés de collaborer?
La progression des constructeurs chinois ne se limite pas aux véhicules électriques. Plusieurs marques ont déjà gagné du terrain sur différents marchés internationaux grâce à des modèles à essence, hybrides et électriques offerts à des prix compétitifs. D’ailleurs, plusieurs constructeurs chinois ne s’en cachent pas : s’établir en Amérique du Nord, principalement aux États-Unis, est leur objectif, peu importe le chemin à emprunter.
Comme Nissan entend utiliser certains produits développés en Chine pour accroître sa présence en Amérique latine, cela laisse entrevoir qu’une nouvelle réalité pourrait prendre de l’importance dans l’industrie. Les constructeurs traditionnels se verront-ils forcés de collaborer avec les constructeurs chinois pour demeurer compétitifs?
Pour l’instant, l’arrivée massive de véhicules chinois directement sur le marché américain demeure limitée par les mesures commerciales en vigueur. Toutefois, une production établie au Mexique pourrait changer considérablement la dynamique nord-américaine au cours des prochaines années.
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