Dans un Conseil des ministres de taille réduite, présenté mercredi, Paul St-Pierre Plamondon choisit de s’entourer de lieutenants d’expérience. Selon les informations obtenues par Radio-Canada, les députés Marie-Karlynn Laflamme et Joël Arseneau hériteront entre autres des portefeuilles clés de la Santé et de l’Éducation, alors que le vétéran Alain Therrien se retrouvera à la tête du Conseil du trésor.
Comme promis dans les dernières semaines, Paul St-Pierre Plamondon imposera une cure minceur au gouvernement du Québec, à commencer par l’équipe qui l’entoure.
Le Conseil des ministres qu’il présentera mercredi après-midi comptera 22 personnes, 23 en incluant le premier ministre. C’est six de moins que le cabinet de Christine Fréchette.
La députée de Chicoutimi, Marie-Karlynn Laflamme, aura notamment la lourde tâche de piloter le ministère de la Santé, de la Prévention et des Aînés. Élue à l’occasion d’une élection partielle en février 2026, elle fait partie des 10 membres du caucus qui ont déjà siégé à l’Assemblée nationale, ne serait-ce que durant quelques mois.
C’est à elle que reviendra entre autres la mission d’abolir Santé Québec, comme s’y est engagé le chef du Parti québécois (PQ).

Des sources au fait des décisions, qui se sont confiées à Radio-Canada à la veille de la cérémonie d’assermentation, font valoir qu’elle s’est déjà établie en tant que parlementaire jugée efficace.
Avant de faire le saut en politique, Mme Laflamme était vice-rectrice à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), mais elle a également œuvré au Centre intégré de santé et de services sociaux (CSSS) Lac-Saint-Jean-Est pendant une dizaine d’années.
Le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, deviendra quant à lui ministre de l’Éducation. Dans l’opposition depuis 2018, il est perçu comme un homme de confiance à qui Paul St-Pierre Plamondon pourra notamment confier la responsabilité de lancer des États généraux sur l’éducation l’hiver prochain.

L’autre membre des trois mousquetaires
du PQ à l’issue du scrutin de 2022, Pascal Bérubé, se retrouvera lui aussi au Conseil des ministres, assure-t-on, sans toutefois préciser le rôle qu’il sera appelé à jouer.
Sans surprise, Nicolas Marceau reprendra les fonctions de ministre des Finances qu’il a occupées dans le gouvernement de Pauline Marois, de 2012 à 2014.
Quant à Alain Therrien, un autre ancien élu péquiste qui effectue un retour à l’Assemblée nationale, il sera nommé président du Conseil du trésor et ministre responsable de l’Administration gouvernementale, selon nos informations.

Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby
Parmi les autres postes clés, l’ex-président directeur général de Montréal International, Stéphane Paquet, héritera du portefeuille de l’Économie et de l’Énergie, alors que Nicolas Girard, qui était jusqu’ici directeur général du Réseau de transport de la Capitale (RTC) à Québec, de celui des Transports et de la Mobilité durable.
La recrue Guy Lapointe fils, auparavant au Service de sécurité incendie de la Ville de Montréal et à la direction des communications de la Sûreté du Québec, obtiendra quant à lui le mandat de diriger ce qui était depuis avril le ministère de la Sécurité intérieure.
Des nouveaux venus
D’autres nouveaux venus se taillent une place de choix au cabinet.
L’avocate Marie-Claude Sarrazin, qui s’est fait connaître comme procureure de la commission Gallant sur le fiasco SAAQclic, deviendra ministre de la Justice.
La députée de Prévost, Anne Nguyen, sera quant à elle à la tête du ministère de l’Intelligence artificielle et du numérique. Diplômée de l’Université Harvard, elle occupait jusqu’à maintenant le poste de directrice responsable de l’IA au Conseil de l’innovation du Québec.
Le casse-tête de la Capitale-Nationale
Dans cet exercice, l’un des grands défis du nouveau gouvernement demeure toutefois de faire en sorte que la grande région de Québec soit représentée autour de la table des décisions, compte tenu du fait que le Parti québécois n’y a fait élire aucun député le 5 octobre.
D’après nos informations, le rôle de ministre responsable de la Capitale-Nationale ne sera pas confié à un non-élu. Rappelons que Paul St-Pierre Plamondon a également rejeté l’idée d’assumer lui-même cette responsabilité.
Le seul élu de la formation politique à Québec dans la précédente législature, Pascal Paradis, a été défait dans sa circonscription de Jean-Talon, avant d’être nommé négociateur en chef du Québec, lundi.
Les sources consultées par Radio-Canada maintiennent toutefois que la voix de la région sera entendue et indiquent qu’une annonce en ce sens aura lieu après la cérémonie d’assermentation de mercredi, prévue à 13 h 30.
Parmi les autres nominations, il est également attendu qu’une personne occupe les fonctions de ministre responsable du processus d’indépendance, considérant la promesse de M. St-Pierre Plamondon de tenir un référendum dans un premier mandat.
LA UNE : Paul St-Pierre Plamondon présentera un Conseil des ministres composé de 22 personnes, mercredi. (Photo d’archives) Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot
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