La tenue d’États généraux en éducation, un exercice qui n’a pas été fait depuis trois décennies, a déjà été confirmée par le nouveau ministre Joël Arseneau.
Le profil du nouveau ministre de l’Éducation nationale, Joël Arseneau, plaît aux acteurs du milieu scolaire. Plusieurs aiment le fait qu’il ait déjà enseigné au collégial au Québec et au niveau secondaire à l’étranger. De plus, sa réputation de député sérieux et travaillant sur les bancs de l’opposition depuis 2018 le précède avantageusement.
On nous dit que c’est quelqu’un qui est proactif et toujours au fait de ses dossiers. Donc, son arrivée comme ministre est vue d’une façon très favorable
, confie André Bernier, président de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE).
Au niveau de sa présence dans l’opposition, on le connaît comme étant calme, réfléchi et rassembleur
, renchérit de son côté Éric Gingras, le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la plus importante organisation syndicale en éducation au Québec. Voilà des traits de personnalité qui seront des avantages pour relever les très grands défis qui l’attendent
, à son avis.
On va apprendre à se connaître et on jugera l’arbre à ses fruits, mais, pour l’instant, le calme, l’humanité et la détermination que [le ministre Arseneau] dégage nous semblent de bon augure.
Joël Arseneau a d’ailleurs laissé une impression favorable lors de ses premières prises de parole publiques en reconnaissant le gros mandat
que le premier ministre, Paul St-Pierre Plamondon, lui a confié, et en confirmant la tenue rapide d’États généraux en éducation, comme promis pendant la campagne électorale par son parti, et souhaité par le Parti libéral du Québec et Québec solidaire.
Le momentum est bon pour se lancer dans cette grande réflexion
, a affirmé M. Arseneau en entrevue à RDIcette semaine. C’est le geste à poser pour le Québec de demain.
On n’est pas en train d’installer des changements sur une période d’un cycle politique. On prendra le temps que ça prendra pour imprimer une direction à l’école publique.
Voilà un signe que le nouveau ministre souhaite un exercice non pas superficiel, mais en profondeur, se réjouit André Bernier. On le voit, il arrive avec une volonté d’avancer.
Le ton et la teneur des premières déclarations de M. Arseneau sont aussi intéressants
pour Éric Gingras. On sent une main tendue, un désir de collaborer avec les partenaires, avec les alliés du réseau de l’éducation. Et c’est quand même rafraîchissant,
ajoute-t-il.

De l’importance d’un dialogue
Les acteurs du réseau scolaire ont de grandes attentes quant à ce grand exercice qui sera démarré dans les prochains mois. Les enjeux auxquels est confronté le réseau des écoles publiques du Québec sont bien connus : violence, vétusté des bâtiments, école à trois vitesses, formation des maîtres à rabais, compressions budgétaires, etc.
, énumère la présidente de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Mélanie Hubert.
L’école publique montréalaise a besoin que les décideurs à Québec prennent acte des conséquences de l’école à trois vitesses que le gouvernement précédent refusait de reconnaître
, précise de son côté Kathleen Legault, la présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES).
Elle rappelle du même souffle que le réseau scolaire a besoin, après des années plutôt difficiles
, de stabilité et de l’ouverture d’un véritable dialogue sur les enjeux cruciaux, comme l’attraction et la rétention des personnels
.
M. Arseneau, votre arrivée suscite les plus grands espoirs.

Nous voulons mettre de l’avant des solutions pour favoriser la réussite éducative, l’égalité des chances ainsi qu’une plus grande mixité scolaire et sociale
, ajoute de son côté Éric Gingras, pour qui l’enjeu de l’école à trois vitesses est central.
Il rappelle d’ailleurs qu’un énorme travail a déjà été fait en amont ces deux dernières années à la suite de consultations de dizaines de milliers de leurs membres. Un total de 51 orientations résultant de cette collecte d’information ont d’ailleurs été dévoilées mercredi lors de l’événement En action pour l’éducation qui s’est tenu mercredi à Québec, et M. Gingras espère qu’elles seront prises en considération lors du grand rendez-vous à venir sur le thème de l’éducation.
La beauté de ce que pourraient être les États généraux, c’est de chercher des consensus à travers une partie de nos propositions, une partie de celles des patrons, des parents.
Une plateforme pour que la voix des parents soit entendue
Le Regroupement des comités de parents autonomes du Québec (RCPAQ) est bien heureux d’avoir entendu le premier ministre demander à Joël Arseneau de préparer un grand rendez-vous des parents et des élèves
.
Les parents vivent au quotidien les réalités du parcours scolaire de leurs enfants. Leur contribution est indispensable pour définir des orientations qui tiennent véritablement compte des réalités des élèves et des familles.

M. Martel souhaite que son organisation ne soit pas un simple participant à ce grand rendez-vous, mais qu’elle puisse contribuer à son organisation en mobilisant les parents. C’est pourquoi le RCPAQ a lancé le site voixparentale.education, une vaste démarche de consultation et d’échanges auprès des parents d’élèves du Québec
. Son but est de nourrir la réflexion collective sur l’avenir de l’éducation
.
M. Martel espère que le plus de parents possible
exprimeront leurs attentes et leurs souhaits pour l’école québécoise de l’avenir grâce à cette nouvelle plateforme en ligne
Les cégeps et universités inclus ou non dans les États généraux?
Plusieurs groupes, dont la CSQ et la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) sont toutefois légèrement déçus de voir que rien n’indique jusqu’à présent que la grande réflexion sur l’éducation inclura l’enseignement postsecondaire.
La FNEEQ rappelle son souhait de participer activement aux États généraux de l’éducation qui seront tenus l’hiver prochain
, affirme son président, Benoît Lacoursière, qui s’inquiète aussi de la multiplication des responsabilités
de la ministre Elsie Lefebvre, responsable non seulement de l’Enseignement supérieur, mais aussi les dossiers de l’habitation et de la condition féminine.
L’exercice doit être fait de la petite enfance à l’enseignement supérieur. On pense que c’est un tout et on va être là pour le rappeler au ministre
, conclut Éric Gingras de la CSQ.
LA UNE : Le ministre de l’Éducation nationale, Joël Arseneau, lors de son assermentation le 21 octobre 2026. Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
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