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Publié le 15 avril 2019 | par La Voix Acadienne

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Étiquetage des OGM : Et l’Île-du-Prince-Édouard dans tout ça?


Un article original de

Quelque 1 353 exploitations agricoles font de la culture et de l’élevage à l’Île, d’après le recensement de 2016. Une cinquantaine d’entre elles sont certifiées «biologiques», rapporte Karen Murchison, qui coordonne les programmes de recherche à la Coopérative des producteurs biologiques certifiés de l’Î.-P.-É.

Pour obtenir une telle certification, les cultures doivent être notamment exemptes de matériel génétiquement modifié et de substances synthétiques, dont les pesticides. «L’un des plus grands défis concerne la contamination croisée», note Karen Murchison. Les pesticides étant volatiles, il n’est pas rare d’en retrouver des traces dans des produits issus de l’agriculture biologique. Leur présence est toutefois moindre que dans les champs utilisant les produits directement.

Certaines semences sont particulièrement sujettes aux OGM, dont le maïs, le soya, le canola, la luzerne et les betteraves à sucre. Comme l’expose Aude Giroux dans son documentaire, «Modifié», les fermiers se voient pratiquement dans l’obligation d’utiliser les semences génétiquement modifiées (GM) du géant Bayer, qui a racheté Monsanto en 2018.

À mesure que celles-ci envahissent le marché, les options non GM se font rares. Le site, Web Vigilance OGM, rapporte que de la centaine de variétés de canola non GM sur le marché en 2000, il n’en restait plus que cinq en 2007.

«Ça n’est pas la faute des fermiers. Quand on regarde en arrière, dans les années 1950, ce sont les gouvernements, qui ont poussé les fermes à aller vers le synthétique, à aller plus grand», note la propriétaire de la ferme «Soleil’s Farm», située vers Crapaud et entièrement biologique.

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Le documentaire «Modifié» possède aussi une facette très personnelle et même gastronomique, avec la réalisation de plusieurs recettes qui risquent de donner faim aux spectateurs. (Photo : Gracieuseté Aube Giroux)

Elle s’estime chanceuse de faire pousser des légumes moins sujets à être génétiquement modifiés. Elle a choisi de ne pas utiliser de pesticides ou d’engrais synthétiques, une décision qu’elle estime la bonne pour l’environnement à long terme.

«C’est plus facile de tuer toutes les mauvaises herbes, mais ça finit par épuiser le sol. À un moment donné, ça ne fonctionnera plus, et en attendant on les retrouve aussi dans l’air, dans l’eau. La nourriture n’est pas d’aussi bonne qualité. Les coûts pour l’environnement et la santé sont beaucoup plus élevés qu’on le pense», estime Soleil Hutchinson.

Le premier animal transgénique au Canada

Depuis 2017, du saumon transgénique se faufile dans les assiettes des consommateurs canadiens, sans toutefois être identifié comme tel. Les œufs sont produits dans l’usine de la compagnie américaine AquaBounty, à l’Île-du-Prince-Édouard, puis élevés au Panama.

«Encore une fois, le problème, c’est la transparence. C’est frustrant que la compagnie se vante d’avoir vendu du saumon génétiquement modifié, sans vouloir dire où. On doit jouer aux devinettes», reproche la réalisatrice Aube Giroux.

Il s’agit du premier animal génétiquement modifié approuvé pour la consommation humaine au Canada. Il contient un gène d’hormone de croissance qui lui permet de grossir plus rapidement. Au lieu de prendre 30 mois pour atteindre sa taille adulte, le saumon GM n’a besoin que de 16 à 18 mois.

La nouvelle de sa mise en marché avait fait scandale en 2017, notamment parce que les consommateurs n’avaient pas été avertis qu’il se trouvait parmi les produits d’épicerie. 

 

 

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