La température des eaux du golfe du Saint-Laurent en légère augmentation

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Au large de la côte nord de l’Île-du-Prince-Édouard et dans le détroit de Northumberland, les eaux de surface commencent à chauffer. Elles atteignent environ 16 °C, selon Pêches et Océans Canada. C’est un degré de plus que la normale par rapport à la période de référence 1991-2020.

Peter Galbraith, océanographe pour Pêches et Océans Canada, à l’Institut Maurice-Lamontagne, ne parle pas encore d’une grosse vague de chaleur sous-marine.

C’est chaud, ça donne une petite case rouge. Mais on n’est pas dans des conditions extrêmes du tout.

Une citation de Peter Galbraith, océanographe pour Pêches et Océans Canada

La situation est similaire pour l’ensemble du golfe du Saint-Laurent. En moyenne, l’eau est 0,8 °C au-dessus des normales.

Les eaux de surface ne sont donc pas encore en surchauffe, malgré les températures de l’air élevées en ce début du mois d’octobre. Lundi 6 octobre, le thermomètre a grimpé jusqu’à 26 °C à Charlottetown.

Prochaines semaines décisives

Les deux prochaines semaines seront néanmoins déterminantes, avance Peter Galbraith.

Les températures de l’air chaudes, si elles persistent pendant encore longtemps, une semaine ou deux, là on aura un gros effet sur la température de l’eau.

Ça prend plus que quelques jours de chaleur pour faire grimper la température de l’eau à grande échelle, insiste-t-il.

Sous la surface, le Saint-Laurent se réchauffe également. En 2022, la température moyenne des eaux à 300 mètres de profondeur dépassait les 7 °C, une première depuis 1915.

Les eaux profondes sont un mélange d’eau chaude du courant océanique du Gulf Stream et d’eau froide du courant océanique du Labrador. Mais, en 2022, seul le Gulf Stream a contribué au mélange, provoquant les fameux records de température.

Vers un nouveau réchauffement en profondeur?

Depuis, une tendance à la baisse semblait s’amorcer. En juin 2024, pour la première fois, les chercheurs avaient remarqué un refroidissement des eaux profondes avec une température de 6,5 °C.

Un an plus tard, le mercure est cependant légèrement reparti à la hausse dans le fond du golfe. Les océanographes ont enregistré une température de 6.6 °C.

On s’est fait prendre un petit peu par surprise, reconnaît Peter Galbraith. On était dans une trajectoire de refroidissement, on s’attendait à ce qu’une poche d’eau vraiment plus froide fasse son chemin à l’intérieur du golfe.

Les scientifiques de Pêches et Océans Canada attendent les relevés du mois d’août pour savoir si la pause dans le refroidissement se confirme.

Ça va peut-être un petit peu ralentir, on s’attend à ce que la température se stabilise un petit peu, observe Peter Galbraith.

Pêches et Océans Canada suit de très près les variations de température, afin d’anticiper le mieux possible les répercussions sur des espèces comme la crevette nordique ou le crabe des neiges.

LA UNE : Les eaux au large de la côte nord de l’Île-du-Prince-Édouard sont un degré au-dessus de la normale. Photo : Parcs Canada

PAR Marine Ernoult