Navire de relève : le ministre Drainville s’en remet à Ottawa

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La Communauté maritime des Îles réclame un déblocage rapide dans le dossier d’acquisition d’un navire de relève pour sécuriser la desserte maritime de l’archipel madelinot, au moment où le ministre Bernard Brainville rejette la responsabilité sur Ottawa.

Dans un courriel transmis à Radio-Canada jeudi après-midi, le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie et ministre responsable de la Stratégie maritime, Bernard Drainville, indique être sensible aux préoccupations soulevées par la CTMA concernant la continuité de la desserte maritime des Îles-de-la-Madeleine, mais rejette la responsabilité sur Ottawa.

Depuis la vente du Vacancier en 2023, la CTMA ne dispose d’aucun navire pour pallier les absences du Voyageur 2 et du Madeleine II en cas de bris ou d’arrêt technique.

Nous suivons de près ce dossier, assure-t-il.

Cela dit, soyons clairs : la question du navire de relève au Madeleine II découle d’abord des obligations liées à la continuité du service de transport de marchandises et de personnes. Ces responsabilités relèvent du gouvernement fédéral, poursuit M. Drainville.

Notre gouvernement est là pour les Îles-de-la-Madeleine et nous allons continuer de l’être. Mais pour l’instant, Ottawa doit faire sa part. La balle est dans son camp.

Une citation de Bernard Drainville, ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie

On ne veut pas que le Québec se retrouve à financer des responsabilités qui relèvent d’abord d’un autre gouvernement ni créer un précédent pour d’autres transporteurs ou partenaires maritimes, précise-t-il.

Les élus madelinots ajoutent de la pression

Après la sortie publique de la CTMA mardi, les élus madelinots ont eux aussi fait pression sur Québec. Ils demandent à Québec de revoir sa position de refus face à la proposition d’acquisition d’un navire soumise par la CTMA.

À l’instar de la CTMA, la Communauté maritime des Îles appelle le gouvernement du Québec et les candidats aux élections provinciales à se positionner sur le dossier, à l’aube de la campagne électorale.

La proposition de la CTMA

La CTMA, qui gère la desserte maritime des Îles, a proposé à la STQ de modifier les termes du contrat de transport de marchandises entre Montréal et l’archipel. La CTMA souhaite acquérir un bateau de relève hybride (capacité cargo et passager) et le substituer au navire-cargo Voyageur 2, moyennant une hausse maximale du financement annuel d’un million de dollars. Ce navire pourrait également effectuer le transport de passagers entre l’Île-du-Prince-Édouard et les Îles-de-la-Madeleine, lorsque le Madeleine II est hors service.

Le président de la Communauté maritime des Îles s’explique mal le refus de Québec.

La proposition de la CTMA à la STQ, elle est tout à fait raisonnable, soutient Antonin Valiquette. On parle de faire passer un contrat existant de 30 millions de dollars, à moins de 31 millions de dollars, c’est une augmentation minime où on ne demande par d’argent au gouvernement du Québec pour acquérir le navire, la CTMA s’en charge, avec le soutien du gouvernement fédéral.

M. Valiquette fait valoir que la protection du lien maritime est vitale pour la communauté madelinienne.

On place l’importance de la fiabilité de la desserte maritime, passager et cargo, au sommet de nos priorités.

Une citation de Antonin Valiquette, président de la Communauté maritime des Îles

C’est normal pour une communauté insulaire de prioriser la fiabilité du transport maritime pour assumer les besoins essentiels d’une communauté de 13 000 personnes isolées du continent, ajoute M. Valiquette.

Antonin Valiquette devant le port de l'Étang-du-Nord à l'automne.Antonin Valiquette estime qu’il n’est pas envisageable de revenir au point de départ dans le dossier d’acquisition d’un navire de relève après des années d’efforts pour trouver une solution durable. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

 

M. Valiquette rappelle que de nombreux acteurs madelinots se sont mobilisés en 2025 pour réclamer l’acquisition d’un navire de relève.

Les justifications de la STQ

De son côté, la Société des traversiers du Québec indique par courriel à Radio-Canada être satisfaite du service réalisé avec le Voyageur 2 pour la desserte maritime des Îles-de-la-Madeleine, selon le contrat actuel.

La STQ note que ce contrat viendra à échéance le 31 mars 2028.

Dans une lettre adressée à la CTMA le 18 juin dernier, la STQ mentionnait que le plan de la CTMA répond essentiellement au besoin de disposer d’un plan de relève à la traverse exploitée par le gouvernement fédéral.

Il comporte ainsi peu de valeur ajoutée dans le cadre du contrat actuellement en vigueur, étant donné que le plan de relève de la desserte, en l’absence de navire-cargo, est le transport routier, a écrit la présidente-directrice générale de la STQ, Greta Bédard.

PDG de la STQ, Greta Bédard, tient un micro et écoute. La PDG de la STQ, Greta Bédard, a expliqué son refus dans une lettre d’une page envoyée à la CTMA en juin, après neuf mois d’analyse du dossier. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Marika Wheeler

 

Cet argument est jugé simpliste et contradictoire par la direction de la CTMA, parce que le lien routier vers l’archipel inclut obligatoirement l’utilisation du traversier Madeleine II entre l’Île-du-Prince-Édouard et Cap-aux-Meules, pour lequel il n’existe pas de bateau relève en cas de bris ou d’arrêt technique.

La Madeleine II doit d’ailleurs entrer en cale sèche en janvier 2027 pour un entretien obligatoire. La CTMA travaille à louer un navire pour maintenir la desserte maritime durant l’arrêt technique du traversier.

LA UNE : Le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie et ministre responsable de la Stratégie maritime, Bernard Drainville, estime que c’est à Ottawa que revient la responsabilité de trouver une solution dans le dossier du navire de relève. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

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