Vente d’alcool américain : Houston, Lantz et Wakeham acceptent

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Mark Carney a présenté mercredi aux premiers ministres des provinces les détails d’une entente en voie d’être finalisée avec Washington. Selon le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, le retour de l’alcool américain sur les rayons des sociétés des alcools provinciales est une condition de l’accord et il s’en accommode.

Si le pays nous demande quelque chose, qu’on a le pouvoir de faire le cœur sur la main, alors nous le ferons, a indiqué Tim Houston aux journalistes mercredi soir.

Tim Houston, l'air sévère. Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, voit positivement l’avancée des négociations avec les États-Unis. (Photo d’archives) Photo : CBC/Jeorge Sadi

 

La Nouvelle-Écosse a remis en décembre les produits américains sur les rayons de ses magasins, mais seulement pour liquider les stocks. Les autres provinces atlantiques ont suivi la même stratégie, en remettant les profits à des organismes à but non lucratif, comme des banques alimentaires.

En général, Tim Houston s’est dit satisfait de ce qu’il a entendu de Mark Carney.

Il reste encore quelques détails à préciser, mais dans certains domaines clés, comme la gestion de l’offre, les éléments principaux demeurent intacts, ce qui est bon pour les agriculteurs de la Nouvelle-Écosse, a-t-il indiqué, ajoutant qu’il a confiance dans l’équipe de M. Carney.

Lors d’un point de presse jeudi matin, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Tony Wakeham, a indiqué qu’il acceptera de remettre en vente les alcools américains.

Maintenant ça sera la décision de NLC à effectuer leurs commandes et leur approvisionnement, dit M. Wakeham.

À l’Île-du-Prince-Édouard, le premier ministre Rob Lantz est lui aussi d’accord pour ramener les produits américains dans les magasins d’alcool de la province. Il invite ses homologues des autres provinces à faire de même. Selon lui, c’est à la population de choisir ce qu’elle achète.

Les insulaires et les Canadiens peuvent exprimer leur opinion par leurs achats. Personne ne peut les obliger à passer leurs vacances en Floride ou à Las Vegas, ni à acheter du bourbon du Kentucky ou du vin californien.

Une citation de Rob Lantz, premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard

Au Nouveau-Brunswick, Susan Holt attend de voir l’entente finale

Jeudi en fin d’après-midi, la première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, a émis une déclaration, sans toutefois sans se prononcer sur un possible retour de l’alcool américain sur les étalages d’Alcool NB.

J’ai hâte de voir aboutir un accord commercial qui reflète la valeur des produits et des entreprises du Nouveau-Brunswick. Nous nous attendons à des réductions tarifaires, et dès que les détails auront été finalisés et communiqués, nous nous prononcerons sur cet accord pour le Nouveau-Brunswick, peut-on lire dans cette déclaration.

Lors d’une entrevue accordée à CBC en soirée, Mme Holt a affirmé vouloir s’assurer que l’accord définitif soit avantageux pour la province avant de faire la moindre concession.

Si nous constatons une réduction tarifaire importante sur les produits qui comptent pour les Néo-Brunswickois, alors, en tant que membres de l’équipe Canada, nous ferons ce qu’il faut, a-t-elle résumé en anglais au micro de CBC.

La première ministre du Nouveau-BrunswickSusan Holt, était restée muette après sa réunion de mercredi soir avec ses homologues. Mais mercredi après-midi, elle avait déclaré à CBC que sa province ne remettrait pas l’alcool américain dans les magasins d’Alcool NB tant que le commerce libre et équitable ne serait pas rétabli entre les deux pays.

Vous devez nous ramener à la situation qui prévalait avant l’instauration de ces droits de douane, a-t-elle déclaré, citant les difficultés des entreprises de bois d’œuvre visées par des droits de douane allant jusqu’à 45 %.

Dans un courriel, Alcool Nouveau-Brunswick indique n’avoir reçu aucune autre directive du gouvernement du Nouveau-Brunswick concernant la reprise de l’importation de produits alcoolisés américains.

Un feu vert de la province ne signifierait pas un retour immédiat de tous les produits et la société indique qu’elle évaluera les demandes actuelles des clients dans ses commandes.

Presque un droit de veto

L’économiste et professeur à l’École des hautes études publiques de l’Université de Moncton Pierre-Marcel Desjardins estime que les provinces ont presque un droit de veto avec l’alcool.

Pierre-Marcel Desjardins en entrevue le 7 janvier 2026.L’économiste Pierre-Marcel Desjardins. Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

 

Les gouvernements provinciaux devront agir. Donc ce sont des joueurs extrêmement importants, même si, physiquement, ils n’étaient pas à la table des négociations, note-t-il.

M. Desjardins croit que l’entente, si elle est conclue, ne réglera pas tout.

On est peut-être dans une nouvelle normalité. Au fond, ces menaces, c’est depuis que M. Trump est à la Maison-Blanche qu’on les voit. Quand on parle, par exemple, de bois d’œuvre, ça fait des décennies […] On [sera] peut-être mieux qu’on l’aurait été [sans] entente, mais ça reste que l’accès au marché américain n’est pas garanti, note-t-il.

Le gouvernement américain a indiqué mardi soir qu’il reportait de trois jours l’application de nouveaux droits de douane de 50 % sur certains produits canadiens.

C’est le ministre acadien Dominic LeBlanc, comme ministre du Commerce, qui représente le gouvernement canadien à Washington dans ces négociations. Après un bref passage à Ottawa, M. LeBlanc était de retour jeudi matin dans la capitale américaine pour reprendre les discussions.

LA UNE : La Nouvelle-Écosse a déjà remis l’alcool américain sur les rayons de ses magasins. Terre-Neuve-et-Labrador ainsi que l’Île-du-Prince-Édouard ont indiqué qu’elles acceptent elles aussi de le faire. (Photo d’archives) Photo : La Presse canadienne / Ethan Cairns

PAR vec des informations de Margaud Castadère et de CBC