Est-ce que les véhicules connectés chinois sont pires pour la vie privée que les autres?

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« Bonjour, j’ai entendu dire dernièrement que les véhicules chinois peuvent enregistrer nos conversations et des données de tout genre. Qu’en est-il vraiment? Merci pour les réponses à venir. » — Michèle

Réponse 

Bonjour Michèle,

Votre question est tout à fait d’actualité, car le sujet que vous abordez revient régulièrement dans les médias. D’ailleurs, récemment, j’ai rédigé un texte d’opinion sur la question, dans lequel j’expliquais à quel point la gestion des renseignements personnels est devenue problématique dans l’industrie automobile.

Cela dit, un point mérite d’être clarifié dès le départ. Les véhicules chinois ne sont pas plus intrusifs que les automobiles connectées déjà en circulation. Ils collectent effectivement d’importantes données de conduite, comme la géolocalisation, les images captées par les caméras embarquées ou encore les conversations tenues à bord grâce aux microphones installés dans l’habitacle.

C’est toutefois également le cas de nombreux véhicules connectés déjà commercialisés sur notre marché. D’ailleurs, certains fabricants, comme General Motors, subissent actuellement les conséquences de telles pratiques.

Effectivement, GM a vendu des centaines de milliers de données personnelles à des tiers sans le consentement des propriétaires. Le constructeur vient d’ailleurs tout juste de recevoir une amende de 12 millions de dollars ainsi qu’une interdiction de revendre des données pendant cinq ans.

Le problème est législatif

Il existe toutefois certaines différences lorsqu’il est question des véhicules connectés chinois. Ceux-ci peuvent présenter des risques accrus en raison du cadre législatif en vigueur en Chine. Le principal enjeu réside dans le fait que Pékin peut exiger des fabricants qu’ils transmettent au gouvernement les renseignements collectés.

Par ailleurs, l’État chinois impose des lois obligeant les entreprises technologiques et les constructeurs automobiles à partager leurs données sur demande. Cette situation fait craindre à plusieurs autorités en matière de sécurité que les données géographiques et les images captées près de sites sensibles, comme des bases militaires, soient exploitées à des fins de renseignement.

Un certain flou persiste également quant aux capacités de différents gouvernements, autres que le gouvernement chinois, à exiger l’accès à ce type de renseignements. Nous savons toutefois que des services policiers ont déjà réquisitionné des images enregistrées par des véhicules connectés aux États-Unis afin de faire avancer certaines enquêtes.

Dans tous les cas, il est clair que le partage de données représente un enjeu majeur qui devra être abordé. Certains diront que nos téléphones intelligents ne sont pas mieux, mais plusieurs organismes de recherche indiquent que la voiture connectée constitue aujourd’hui l’un des biens de consommation les plus problématiques en matière de vie privée et de collecte de renseignements personnels.

Si cette situation vous préoccupe, l’une des solutions consiste à vous tourner vers un véhicule moins connecté et moins dépendant des technologies numériques afin de réduire la quantité d’informations personnelles recueillies à votre sujet.

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