Le Fonds des pêches du Québec est renouvelé jusqu’au 31 mars 2031 grâce à une enveloppe de 50 millions de dollars.
Le gouvernement du Québec injecte 40 % de la somme, soit 20 millions de dollars, alors que le gouvernement fédéral est responsable des 30 millions restants.
Cette annonce fait suite aux négociations entamées en juin dernier pour la reprise du Fonds. Le montant alloué a finalement été bonifié de 25 % par rapport à l’entente précédente.
Par voie de communiqué, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation indique que le Fonds des pêches du Québec est un levier important pour soutenir l’innovation, le développement et la compétitivité des entreprises d’ici
. L’argent permettra d’accompagner les entreprises dans leurs efforts d’adaptation, de croissance et de développement des marchés
, dans un contexte de défis reliés à l’évolution des ressources marines, aux changements climatiques et à l’accès aux marchés mondiaux.
Les projets pourront être soumis dès le 1er septembre 2026.
« Une excellente nouvelle »
Stéphane Sainte-Croix, député de Gaspé et adjoint gouvernemental du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, considère cette annonce comme une très bonne nouvelle pour l’ensemble de l’industrie halieutique sur l’ensemble du Québec maritime
.

Il souligne l’importance du secteur des pêches pour l’économie de petites communautés très résilientes pour lesquelles l’activité industrielle de la pêche, de la capture et de la transformation soutient nos familles chez nous
.
Ça vient sécuriser nos entreprises, ça vient sécuriser nos emplois dans nos communautés.

Le député fédéral de Gaspésie-Les-Îles-de-la-Madeleine-Listuguj, Alexis Deschênes, considère également cette annonce comme une excellente nouvelle
. Selon lui, le renouvellement du Fonds des pêches est une victoire de tout le secteur des pêches
.
C’est très agréable de pouvoir saluer l’effort des deux gouvernements pour la conclusion de cette entente.
Il espère tout de même que les délais de réponse lors de la soumission d’un projet seront améliorés. On souhaite que les deux gouvernements se soient entendus sur un mécanisme qui ferait que les réponses viendront plus vite
, mentionne le député fédéral.
Réactions du milieu des pêches
Le directeur général de la Coopérative des capitaines-propriétaires de la Gaspésie, Claudio Bernatchez, se réjouit également du retour du Fonds des pêches du Québec.

De savoir que ce Fonds pourra revenir et nous permettre de continuer le travail, c’est une excellente nouvelle.
Cette annonce tombe à point, selon lui. Que ce soit fait maintenant, à l’été, pour nous donner du temps pour nous préparer pour l’automne, au moment où on pourra faire des dépôts, je pense que c’est bien correct
, avance-t-il.
M. Bernatchez croit aussi que les 50 millions alloués par les deux paliers de gouvernement sont suffisants pour l’industrie. Le 50 millions devrait normalement servir de levier pour aller en chercher au total 100, 150, espérons-le, peut-être même plus. Et les projets, selon nous, devraient être des projets collectifs, donc qui bénéficient au plus grand nombre de participants possible. Alors, c’est suffisant
, indique-t-il.
Pour O’Neil Cloutier, directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, le milieu des pêches devrait être consulté pour établir les critères de sélection des projets présentés dans le cadre du Fonds des pêches du Québec. Il aimerait plus de souplesse
et qu’il soit mieux adapté aux réalités
.
Je pense qu’on doit avoir un programme qui nous permet un peu plus de liberté pour présenter des projets qui peuvent avoir des résultats intéressants sur l’avenir de la pêcherie comme telle
, précise-t-il.
Différents projets
M. Cloutier est aussi revenu sur l’importance du Fonds des pêches du Québec comme levier d’innovation au cours des cinq dernières années.

Plusieurs projets ont été soumis et retenus dans le cadre du premier Fonds, notamment un projet visant l’élimination de vieux casiers de pêche après leur utilisation.
C’est très important pour les citoyens des différentes localités où on pêche de ne pas voir des quantités astronomiques de vieux casiers s’accumuler, s’amonceler dans les champs.
La modification d’engins de pêche pour la protection des baleines noires en milieu côtier a aussi pu être réalisée. Entre autres, des maillons faibles
ont pu être rajoutés sur les dispositifs pour donner une meilleure chance de survie aux baleines qui s’y prennent, explique O’Neil Cloutier.
[On parle aussi] de la gaine tressée qu’on rajoutait sur le mouillage pour le maintenir ensemble, et quand le mouillage est coupé et quand ça dépasse 1700 livres de tension, cette gaine-là éclate. Elle se brise et ça libère la baleine
, précise-t-il.
En tout, ce sont 198 projets qui ont été financés par le Fonds des pêches du Québec depuis sa création en avril 2019.
LA UNE : Un homardier gaspésien entre au quai de L’Anse-à-Beaufils. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Bruno Lelièvre









