Camping : à chacun sa façon de partir à l’aventure

Même si l’été tire à sa fin, j’ai envie de parler de camping. Et les habitués des escapades estivales, voire hivernales, me comprendront certainement : un vrai campeur l’est toute l’année. Quand il n’est pas activement en camping, il pense à sa prochaine escapade ou, encore, magasine son prochain véhicule.

Et depuis que nous avons présenté à la télé mon reportage sur les différentes manières de camper à bord d’un véhicule, je ne cesse de m’en faire parler. Plusieurs m’envoient même des photos de leur arrangement de camping, du plus modeste au plus luxueux. Ça me permet d’apprécier l’audace et la débrouillardise de certains qui ont converti une Toyota Yaris ou un Hyundai Kona électrique en véhicule campeur, ou encore la beauté du véhicule bien fini de certains autres. Mais peu importe comment on campe, l’essentiel est d’avoir du fun et de profiter de la nature, et c’est ce que je décode de chaque message que je reçois. C’est aussi ce que je ressens toutes les fois que je fais du camping.

Parce que, même si je ne suis certainement pas un assidu de la chose, j’en fais chaque année avec des amis ou de la famille. Au fil des années, j’ai testé plusieurs véhicules. De la tente au sol à la roulotte de 32 pieds, en passant par le van-campeur, j’ai pu découvrir plusieurs types de véhicules ou d’abris qui ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients. Voici donc mon humble avis de néophyte sur ces habitations temporaires, du moins aimé à mon préféré.

Roulotte et tente-roulotte : pas pour moi

Au bas de la liste se trouvent la roulotte et la tente-roulotte. Pas que ça ne se conduise pas bien, mais j’ai trouvé ça très encombrant et nettement trop compliqué à installer. Peut-être que c’est notre manière de voyager, constamment en déplacement, qui a terni mon expérience.

Et j’ai aussi été plutôt déçu de la qualité parfois douteuse de certaines unités que j’ai pu visiter. On sent, chez plusieurs marques, une forte pression pour réduire les coûts de fabrication afin de maintenir des prix abordables. Et même dans le cas de certaines roulottes très dispendieuses, pourtant réputées pour leur qualité de construction, l’expérience des propriétaires peut être décevante. Bref, peut-être que je suis mal tombé, mais vous aurez compris que ce n’est pas trop mon truc.

La tente au sol : simple, mais mémorable

Il y a aussi la tente au sol, nettement plus modeste. J’aime ça pour la connexion avec la nature, pour la facilité de voyager avec n’importe quel véhicule (ou à peu près) et pour les souvenirs que ça procure. Ma blonde et moi, on se rappelle encore la toute première fois où on a monté notre tente, dans le parc provincial Blomidon, en Nouvelle-Écosse. Il pleuvait à boire debout. Et malgré tout, on a recommencé à plusieurs reprises, même si, pour certains, ça aurait signé l’arrêt de mort de la tente.

Aussi, il y a le temps d’installation qui peut faire suer, tout comme l’exposition aux intempéries. Mais, à mon avis, ça fait partie de l’expérience de camper au sol. Bref, un mode plus simple qui ne manque pas de charme et qui, parfois, force à réciter quelques chapelets.

Van-campeur et campeur porté : mes favoris

Mais les deux types de véhicules que j’ai le plus aimés sont le van-campeur, ce qu’on pourrait aussi appeler un « VR de classe B », et le camion avec campeur porté. Ce sont des véhicules plus petits qui sont plus à l’aise dans toutes sortes de situations, comme en conduite urbaine. Et en même temps, ils sont bien équipés avec des commodités presque résidentielles. Aussi, l’installation est super simple : on met la transmission sur P, on ouvre la porte, et c’est réglé. Pas de toile à sortir, d’attelage à défaire ou de mise au niveau complexe. Au pire, un petit bloc sous une roue. Ça laisse beaucoup de place à la spontanéité et à la découverte, compte tenu de l’agilité et de la facilité d’installation, et c’est ce que j’ai aimé le plus.

Et l’intérieur est juste assez spacieux et équipé, en tout cas pour les modèles que j’ai essayés. On a toutes les commodités, telles qu’une cuisine, une salle de bain avec une douche, une table confortable à quatre places et un lit de bonne qualité. Selon les options, on peut être équipé en solaire pour avoir une bonne autonomie « off-grid ». Et la majorité de ceux que j’ai conduits avaient une motorisation diesel. Bien que plus capricieuse à long terme qu’une motorisation à essence, elle prend tout son sens avec une grosse carcasse à trimballer, grâce à son couple abondant à bas régime et à son frein moteur naturel dans les pentes descendantes.

Le van-campeur pour une utilisation fréquente

Comment départager les deux? Le van-campeur est plus spécialisé et souvent plus personnalisable. Si vous faites affaire avec une entreprise de conversion — et il y en a d’excellentes au Québec —, vous pouvez pratiquement l’aménager comme bon vous semble. Et vous pouvez aussi le faire vous-même! De plus, la cabine de pilotage connectée à l’habitacle est franchement un atout les jours de pluie. Pas besoin de sortir. C’est sans doute le véhicule que je choisirais si j’en faisais beaucoup et sur une base régulière.

Le campeur porté, lui, reprend quelques défauts de la roulotte. Je pense entre autres à la finition relâchée (selon le modèle) et à la nécessité de sortir pour passer du camion à l’unité de camping. Mais son avantage — comme une roulotte — est que vous pouvez utiliser une camionnette qui va servir à autre chose qu’au camping. On évite donc d’avoir à ajouter un véhicule à sa flotte. Par ailleurs, de très bonnes compagnies canadiennes, et même québécoises, fabriquent des campeurs portés d’excellente qualité.

D’autres à découvrir éventuellement

Parmi les autres options, il y en a plusieurs que je n’ai jamais utilisées. Par exemple, je n’ai jamais voyagé avec un VR de classe A ou un VR de classe C. De prime abord, ni l’un ni l’autre ne m’attire, puisque j’ai l’impression qu’ils sont trop gros et que ça ne collerait pas bien avec mon style de camping.

Un type de couchage que j’aimerais essayer, cependant, à mi-chemin entre la tente et le VR, est la tente de toit. En un rien de temps, elle est déployée et c’est facile de camper à peu près n’importe où. Je trouve que c’est une super solution pour les personnes aventurières qui veulent un véhicule agile pour camper loin de la civilisation, sans toutefois investir dans un VR généralement plus coûteux.

Et si la simplicité était suffisante?

Mais maintenant que j’ai ma fourgonnette, je pourrai sans doute partir avec ma petite à l’improviste pour aller dormir une nuit, les sièges repliés, pour profiter des Perséides ou pour aller en randonnée loin de la maison. Confort et espace minimal, certes, mais a-t-on réellement besoin de plus?

Parce que l’essentiel n’est certainement pas le véhicule avec lequel on part. Ce qui compte, c’est de partir à l’aventure.

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