La Communauté maritime des Îles réclame un déblocage rapide dans le dossier d’acquisition d’un navire de relève pour sécuriser la desserte maritime de l’archipel madelinot.
Dans la foulée de la sortie publique de la Coopérative de transport maritime et aérien (CTMA), les élus demandent à la Société des traversiers du Québec (STQ) de revoir sa position de refus face à la proposition d’acquisition d’un navire soumise par la CTMA.
À l’instar de la CTMA, la Communauté maritime des Îles appelle le gouvernement du Québec et les candidats aux élections provinciales à se positionner sur le dossier, à l’aube de la campagne électorale.
Depuis la vente du Vacancier en 2023, la CTMA ne dispose d’aucun navire pour pallier les absences du Voyageur 2 et du Madeleine II en cas de bris ou d’arrêt technique.
La proposition de la CTMA
La CTMA, qui opère la desserte maritime des Îles, a proposé à la STQ de modifier les termes du contrat de transport de marchandises entre Montréal et l’archipel. La CTMA souhaite acquérir un bateau de relève hybride (capacité cargo et passager) et le substituer au navire-cargo Voyageur 2, moyennant une hausse maximale du financement annuel d’un million de dollars. Ce navire pourrait également effectuer le transport de passagers entre l’Île-du-Prince-Édouard et les Îles-de-la-Madeleine, lorsque le Madeleine II est hors service.
Le président de la Communauté maritime des Îles s’explique mal le refus de la STQ.
La proposition de la CTMA à la STQ, elle est tout à fait raisonnable
, soutient Antonin Valiquette. On parle de faire passer un contrat existant de 30 millions de dollars, à moins de 31 millions de dollars, c’est une augmentation minime où on ne demande par d’argent au gouvernement du Québec pour acquérir le navire, la CTMA s’en charge, avec le soutien du gouvernement fédéral.
M. Valiquette fait valoir que la protection du lien maritime est vitale pour la communauté madelinienne.
On place l’importance de la fiabilité de la desserte maritime, passager et cargo, au sommet de nos priorités.
C’est normal pour une communauté insulaire de prioriser la fiabilité du transport maritime pour assumer les besoins essentiels d’une communauté de 13 000 personnes isolées du continent
, ajoute M. Valiquette.

M. Valiquette rappelle que de nombreux acteurs madelinots se sont mobilisés en 2025 pour réclamer l’acquisition d’un navire de relève.
Les justifications de la STQ
De son côté, la Société des traversiers du Québec indique par courriel à Radio-Canada être satisfaite du service réalisé avec le Voyageur 2 pour la desserte maritime des Îles-de-la-Madeleine, selon le contrat actuel
.
La STQ note que ce contrat viendra à échéance le 31 mars 2028.
Dans une lettre adressée à la CTMA le 18 juin dernier, la STQ mentionnait que le plan de la CTMArépond essentiellement au besoin de disposer d’un plan de relève à la traverse exploitée par le gouvernement fédéral.
Il comporte ainsi peu de valeur ajoutée dans le cadre du contrat actuellement en vigueur, étant donné que le plan de relève de la desserte, en l’absence de navire-cargo, est le transport routier
, a écrit la présidente-directrice générale de la STQ, Greta Bédard.

Cet argument est jugé simpliste et contradictoire par la direction de la CTMA, parce que le lien routier vers l’archipel inclut obligatoirement l’utilisation du traversier Madeleine II entre l’Île-du-Prince-Édouard et Cap-aux-Meules, pour lequel il n’existe pas de bateau relève en cas de bris ou d’arrêt technique.
La Madeleine II doit d’ailleurs entrer en cale sèche en janvier 2027 pour un entretien obligatoire. La CTMA travaille à louer un navire pour maintenir la desserte maritime durant l’arrêt technique du traversier.
LA UNE : L’absence d’un navire de relève pour maintenir la desserte maritime en cas de bris ou d’arrêt technique du Voyageur 2 et du Madeleine II suscite des préoccupations aux Îles-de-la-Madeleine. (Photo d’archives) Photo : CTMA









