Vous avez vu passer, il y a quelques jours, une décision plutôt rare de l’Office de la protection du consommateur (OPC) : elle a suspendu le permis d’un concessionnaire d’automobiles.
C’est à la suite de « manquements répétés et ce, malgré des avertissements antérieurs » que le concessionnaire Duclos Longueuil Chrysler Dodge Jeep Ram n’a pu vendre de véhicules pendant dix jours ouvrables, soit du 5 au 16 octobre.
Bon an, mal an, la vente de véhicules neufs et usagés figure en tête du palmarès pour le plus grand nombre de plaintes reçues à l’OPC (environ 20 %, soit une plainte sur cinq). Au cours de la dernière année, une quinzaine de marchands ont été épinglés par l’OPC et bien que la suspension du permis de commerçant de véhicules routiers soit un phénomène rare, certains ont perdu le leur.
D’autres ont dû payer des amendes — jusqu’à près de 50 000 $ dans certains cas — pour avoir contrevenu à la Loi sur la protection du consommateur (LPC). Parmi les accusations les plus fréquentes : exiger un prix supérieur à celui annoncé et/ou avoir obligé des clients à débourser davantage pour des options non demandées.
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La bonne nouvelle : le total des amendes (128 726 $) pour la période analysée par RPM est deux fois moindre que pour l’exercice 2023-2024 de l’OPC. À l’époque, l’Office avait épinglé 23 établissements, qui ont été mis à l’amende pour une somme record de 346 271 $. Assurément que la surveillance accrue de l’Office — et sans doute la retentissante action collective qui a visé près de 150 concessionnaires et marchands — expliquent la situation.
Quand même : voici les établissements pour lesquels l’OPC a publié un communiqué d’infractions entre octobre 2025 et aujourd’hui.

Frais cachés et ajouts illégaux : les articles de loi
Rappelons que les deux pratiques commerciales enfreignent les articles 224 c) et 230 a) de la LPC.
224C :
Aucun commerçant, fabricant ou publicitaire ne peut, par quelque moyen que ce soit, exiger pour un bien ou un service un prix supérieur à celui qui est annoncé. (…) Le prix annoncé doit comprendre le total des sommes que le consommateur devra débourser pour l’obtention du bien ou du service. Toutefois, ce prix peut ne pas comprendre la taxe de vente du Québec ni la taxe sur les produits et services du Canada.
230a.
- Aucun commerçant, fabricant ou publicitaire ne peut, par quelque moyen que ce soi, exiger quelque somme que ce soit pour un bien ou un service qu’il a fait parvenir ou rendu à un consommateur sans que ce dernier ne l’ait demandé.

5 octobre 2026
Qui : Duclos Longueuil Chrysler Dodge Jeep Ram
Adresse : 5055, boulevard Cousineau, Longueuil
Pourquoi : Pour des manquements répétés à l’article 224c (prix supérieur), des irrégularités qui ont été « constatées depuis 2016 (…) malgré les avis de l’Office donnés au fil des années. »
Quoi : Suspension du permis de commerçant de véhicules routiers (en vigueur du 5 au 16 octobre 2026). « Le commerçant fait présentement l’objet de nouvelles accusations pénales concernant six infractions, » précise l’OPC.
29 septembre 2026
Qui : Complexe Auto Plus
Adresse : 380, boulevard Lachapelle, Saint-Jérôme
Pourquoi : Avoir exigé un prix supérieur à celui annoncé. « L’examen de contrats a révélé l’ajout de divers frais au prix de vente initial, qui variaient entre 199 $ et près de 1200 $ » rapporte l’OPC. Le marchand a aussi reconnu avoir utilisé, dans ses contrats, une stipulation interdite visant à exclure ou à limiter les garanties légales.
Quoi : A plaidé coupable et a été mis à l’amende pour 15 836 $.
19 août 2026
Qui : Occasion ville de Longueuil
Adresse : 2039, chemin de Chambly, Longueuil
Pourquoi : Avoir exigé un prix supérieur à celui annoncé. « L’examen de contrats a révélé l’ajout de divers frais au prix de vente initial, notamment 3 000 $ pour une garantie prolongée, 499 $ pour des frais administratifs et 200 $ pour des droits de permis. »
Quoi : A plaidé coupable et a été mis à l’amende pour 2 500 $.
1er juin 2026
Qui : M.C.V.A.
Adresse : 1119, boulevard Taschereau, Longueuil
Pourquoi : N’a pas apposé l’étiquette de vente à la vitre d’un véhicule usagé et ne l’a pas annexée au contrat, pour lequel plusieurs renseignements obligatoires avaient été omis.
Quoi : A plaidé coupable et a été mis à l’amende pour 6 930 $. L’entreprise, qui avait déjà été épinglée en novembre 2025 sous une autre identité corporative (voir ci-dessous) aurait depuis cessé ses activités.
16 mai 2026
Qui : Pro-Occasion
Adresse : 1664, route 335, Saint-Lin-des-Laurentides
Pourquoi : Avoir fait de fausses représentations sur des garanties supplémentaires. L’OPC précise : « Le commerçant a vendu une telle garantie à une consommatrice, mais ne l’a pas payée au tiers chargé de l’honorer. La consommatrice, qui a connu des problèmes avec son véhicule, s’est ainsi vu refuser la couverture de la garantie. »
Quoi : A plaidé coupable et a été mis à l’amende pour 6 242 $. N’est plus titulaire d’un permis de commerçant de véhicules routiers.
1er avril 2026
Qui : St-Jérôme Chevrolet, Buick GMC
Autres noms : Anciennement Groupe Carbur, devenu depuis Léveillé Chevrolet Buick GMC.
Adresse : 265, rue John F. Kennedy, Saint-Jérôme
Pourquoi : Avoir exigé un prix supérieur à celui annoncé. « Divers frais, variant de 505 $ à 2 699 $, s’ajoutaient au prix initial au moment de la transaction, » rapporte l’OPC. Le concessionnaire a aussi été condamné pour avoir restreint des garanties légales avec la mention « tel que vu », une pratique interdite par la LPC.
Quoi : A été déclaré coupable par le tribunal et condamné à payer 13 576 $ d’amendes.
2 février 2026
Qui : Groupe Auto HMF
Adresse : 1310, rue Quenneville, Montréal
Pourquoi : Avoir fait de fausses déclarations et trafiqué des odomètres. L’enquête de l’OPC a démontré des altérations sur l’odomètre d’au moins 17 véhicules. « Les baisses de kilométrage sont significatives et représentent plus de 100 000 kilomètres dans la plupart des cas, » spécifie l’OPC.
Quoi : Annulation du permis de commerçant de véhicules routiers.
13 janvier 2026
Qui : Auto Farih-Sole
Adresse : 1800, boulevard Hymus, Dorval
Pourquoi : Contrats non conformes et odomètres reculés. L’OPC reprochait au commerçant d’avoir conclu des transactions sans avoir utilisé des contrats conformes. L’entreprise a par ailleurs « reconnu avoir remplacé l’odomètre de véhicules sans régler le nouvel odomètre pour qu’il affiche la même distance que celle apparaissant sur l’odomètre remplacé. »
Quoi : A plaidé coupable et a été mis à l’amende pour 20 464 $. Le permis de commerçant de véhicules routiers du marchand de Dorval a été révoqué depuis 2022, année où son président Farih Solemani faisait les manchettes pour falsifications répétées d’odomètres.
1er décembre 2025
Qui : Auto Renfort
Adresse : 9590, boulevard Henri-Bourassa Est, Montréal.
Pourquoi : Entrave au travail d’enquête de l’OPC. L’Office reprochait au marchand « d’avoir entravé le travail de l’une de ses enquêteuses (…) en refusant de lui fournir les renseignements et documents qu’elle avait le droit d’obtenir dans l’exécution de ses fonctions. »
Quoi : A été déclaré coupable et mis à l’amende pour 4 976 $.
24 novembre 2025
Qui : Automobiles R. Lambert
Adresse : 4450, boulevard Lévesque Est, Laval.
Pourquoi : Avoir ajouté à des contrats 15 stipulations interdites ou jugées abusives. L’OPC spécifie : « Les contrats stipulaient que des frais de 50 $ seraient facturés pour chaque retard de paiement, de même que des frais de 350 $ pour le transfert de propriété si le dossier comportait un retard de paiement ou un chèque sans provision. »
Quoi : A plaidé coupable et a été mis à l’amende pour 6 260 $.
19 novembre 2025
Qui : ADF Autos
Adresse : 1119, boulevard Taschereau, Longueuil
Pourquoi : Prix supérieur au prix annoncé, odomètres reculés et autres infractions. L’OPC précise : « M. Zammouri (président) a reconnu avoir fait des représentations fausses ou trompeuses au sujet de l’étendue des protections de la garantie supplémentaire vendue à un consommateur et avoir passé sous silence un fait important, en ne mentionnant pas qu’un véhicule avait été accidenté. »
Quoi : A plaidé coupable et a été mis à l’amende pour 47 372 $. L’OPC lui a retiré son permis de commerçant de véhicules routiers. L’entreprise a par la suite changé d’identité corporative (voir M.C.V.A. ci-haut).
19 novembre 2025
Qui : Cowanswille Toyota
Adresse : 165, rue de Salaberry, Cowansville
Pourquoi : Avoir exclu ou restreint les garanties légales. L’OPC rapporte que la mention « Vendu tel que vu et essayé par le client, sans aucune garantie du concessionnaire » avait été ajoutée à des contrats de vente d’automobiles. « Or, un commerçant ne peut se soustraire de l’application des garanties légales prévues à la LPC, notamment celle selon laquelle un bien acheté ou loué doit pouvoir servir à un usage normal pendant une durée raisonnable, » précise l’Office.
Quoi : A été déclaré coupable et a été mis à l’amende pour 3 070 $.
6 novembre 2025
Qui : Lombardi Honda Montréal
Adresse : 4356, boulevard Métropolitain, Montréal
Pourquoi : Avoir exigé un prix supérieur à celui annoncé. « Des frais additionnels de près de 150 $ étaient ajoutés pour l’essence, le nettoyage et le rapport de Carfax », sans que le consommateur ait demandé ou accepté ces services », rapporte l’OPC.
Quoi : A plaidé coupable et a été mis à l’amende pour 15 000 $.
5 novembre 2025
Qui : Auto Vitesse
Adresse : 5365, boulevard Industriel, Montréal-Nord
Pourquoi : L’OPC reproche à M. Hassan Dia d’avoir vendu des automobiles à l’odomètre trafiqué, en plus d’avoir utilisé un prête-nom pour obtenir un permis alors qu’il était sous le coup d’une annulation pour son entreprise Auto Miz.
Quoi : Annulation du permis de commerçant de véhicules routiers.
Pour découvrir si le concessionnaire ou le marchand d’autos avec lequel vous faites — ou pensez faire — affaire a été mis à l’amende par l’OPC, faites une vérification du Profil du commerçant, sur le site de l’Office. Attention, un dossier vierge ne signifie pas nécessairement que l’entreprise est blanche comme neige ; il signifie seulement qu’aucune infraction ou condamnation n’a été inscrite à son dossier dans les cinq dernières années. Le profil du commerçant énumère aussi les plaintes et mises en demeure déposées par les consommateurs.
L’OPC rappelle l’importance de faire affaire avec un commerçant qui détient un permis : « Un tel permis est obligatoire et nécessite le dépôt d’une caution de la part du marchand, somme d’argent qui sert éventuellement à indemniser les consommateurs. » Si vous avez payé un prix supérieur à celui annoncé ou que des frais ou des options ont été ajoutés au contrat sans que vous l’ayez demandé, communiquez avec l’Office afin de connaître les démarches possibles en vue d’un recours contre le commerçant.
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