La SAAQ dévoile son bilan routier 2025

Quelque 371 personnes ont trouvé la mort sur les routes du Québec en 2025, soit une toute petite diminution de 2 % (8 décès en moins) par rapport à 2024.

Cela pourrait être une bonne nouvelle. Après tout, les véhicules de promenade (près de cinq millions d’autos, de VUS, de camionnettes et de fourgonnettes immatriculés au Québec), de même que les titulaires de permis de conduire (plus de 5,8 millions) sont de plus en plus nombreux à sillonner les routes de la Belle Province.

Malheureusement, 371 décès, c’est pratiquement le statu quo par rapport à la moyenne des cinq années précédentes. C’est dire que, malgré toutes les campagnes de prévention de la SAAQ et toutes ces aides technologiques qui bardent nos véhicules, l’aiguille ne bouge pas : les routes du Québec continuent encore de faire, en moyenne, une victime par jour.

Et ça, vous en conviendrez, c’est loin d’être une bonne nouvelle.

(Moins de) blessés graves (plus de) blessés légers… mais des blessés quand même

Le fait qu’en 2025, les routes québécoises n’aient pas fait plus de blessés graves qu’en 2024 est une… bien mauvaise nouvelle. Suffit d’en parler aux quelque 1 282 personnes qui, l’an dernier, ont nécessité une hospitalisation d’au moins 24 heures.

Autre mauvaise nouvelle : le nombre de blessés légers a quant à lui grimpé — de 5,7 %. L’an dernier, un total de 28 365 usagers du réseau routier ont nécessité des soins médicaux (mais pas d’hospitalisation), soit 1 632 de plus qu’en 2024. Pour vous donner une idée, c’est comme si toute la population de Magog dans les Cantons-de-l’Est ou, si vous êtes plus familier avec la rive nord de Montréal, comme si toute la population de Boisbriand avait été impliquée dans un accident de la route. Certains s’en tirant avec une entorse ou des contusions, d’autres avec une commotion cérébrale ou une blessure nécessitant des points de suture.

Vous direz qu’au moins, ces gens-là ne se sont pas tués sur la route. Mais reste que le bilan ne parvient pas à s’améliorer. Même qu’il s’aggrave : comparé à la moyenne des cinq années précédentes, on parle d’une forte augmentation de 9,1 % chez les blessés légers.

Qui sont les victimes des routes québécoises?

Sans surprise, plus de la moitié des personnes tuées sur les routes du Québec (54 % en 2025) étaient les occupants d’une automobile ou d’un camion léger. Ce ratio est stable depuis des années.

La seconde catégorie d’usagers de la route les plus fréquemment tués est constituée des piétons — à raison d’une victime sur cinq (20 %).

Avec 75 décès chez les piétons en 2025, c’est certes deux décès de moins qu’en 2024. Mais ce quasi-statu quo cache une tragédie : par rapport à la moyenne des cinq années précédentes, 13,6 % plus de piétons ont perdu la vie sur nos routes en 2025.

Vous avancez que la distraction, autant celle des piétons que celle des conducteurs, est à l’origine de ces catastrophes? Vous avez tort : la SAAQ estime que « le comportement des piétons qui vont à l’encontre (…) du Code de la sécurité routière » n’est responsable que du quart des décès (26 %). Plutôt, l’inattention des conducteurs représente un facteur deux fois plus contributif : plus de la moitié (54 %) des piétons tués l’ont été parce qu’un conducteur a été distrait.

Les motos — encore et toujours elles…

Triste constat du côté des motos : encore en 2025, elles ont été impliquées dans près de 17 % des accidents mortels, bien qu’elles ne représentent que 3,6 % de tous les véhicules immatriculés au Québec.

Pire encore : les motocyclistes ont été 29,2 % plus nombreux à trouver la mort en 2025 qu’en 2024. On parle de 62 motards décédés, soit une hausse de 14 victimes.

La SAAQ l’a dit et l’a répété, les motocyclistes sont surreprésentés dans les victimes décédées sur les routes du Québec. C’est d’ailleurs pourquoi elle a mis en place de nouvelles règles pour « un meilleur encadrement des premières années de conduite d’une moto ».

Et justement, ces règles viennent d’entrer en vigueur (le 15 juin 2026). Tous les détails ici sur l’interdiction, pour les nouveaux détenteurs de permis, de conduire une moto à risque et de consommer de l’alcool. 

Espérons que les répercussions sur le prochain bilan routier de la SAAQ seront positives — et qu’on pourra enfin parler d’une bonne nouvelle.

Vous aimez les bilans? En voici un autre, livré par notre collègue Patrick Tremblay après une saison estivale passée au guidon de sa moto. Pour découvrir ses constats, lisez ici son reportage « Partage de la route entre motocyclistes et automobilistes : le bilan de la saison 2025 ».

Quel âge ont les victimes sur les routes du Québec?

Le bilan chez les jeunes conducteurs et passagers âgés de 15 à 24 ans a continué de se détériorer en 2025, avec 53 victimes décédées. C’est une triste augmentation de 20,5 % par rapport à 2024 ; cette catégorie d’âge représente maintenant 14 % de tous les décès.

Cela dit, c’est encore pire du côté des 75 ans et plus : ils ont été 35,2 % plus nombreux à décéder en 2025 comparativement à 2024. Du coup, les plus âgés sont désormais le groupe le plus touché en représentant 20 % de tous les décès.

Le bilan de la SAAQ n’a pas encore croisé les données 2025 « âge des victimes » avec « type d’usagers de la route », mais on s’en doute : ces 73 grands-papas et grands-mamans qui ont perdu la vie en 2025 sur le réseau routier québécois se retrouvent plus souvent qu’à leur tour dans la catégorie « piétons ».

Et ça, c’est 73 mauvaises nouvelles…

Pour les statistiques détaillées par région, par municipalité régionale de comté (MRC) ou par municipalité (5 000 habitants ou plus), consultez la carte interactive du bilan routier 2025 que la SAAQ a rendu disponible sur son site.

 

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