Une loi visant la Chine pourrait-elle empêcher Mercedes-Benz de vendre ses véhicules aux États-Unis?

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Une nouvelle proposition législative aux États-Unis pourrait avoir des conséquences inattendues pour plusieurs constructeurs automobiles. Parmi eux figure Mercedes-Benz, un constructeur allemand pourtant bien établi sur le marché américain.

Un projet de loi visant à limiter l’influence de la Chine dans l’industrie automobile américaine soulève des questions. Ses conséquences potentielles sur Mercedes-Benz attirent particulièrement l’attention, puisque le constructeur n’est pourtant pas chinois et qu’il est déjà bien implanté en Amérique du Nord.

Le projet, baptisé Motor Vehicle Modernization Act of 2026, prévoit notamment d’interdire la vente, l’importation ou même la fabrication de véhicules aux États-Unis par des constructeurs considérés comme étant sous l’influence d’un « adversaire étranger ». Parmi les pays visés figurent notamment la Chine, la Russie et la Corée du Nord.

Près de 20 % du capital détenu par des intérêts chinois

On peut croire que la mesure semble cibler les constructeurs chinois qui cherchent à s’implanter sur le marché nord-américain, mais sa portée pourrait être beaucoup plus large que prévu.

Selon le projet de loi, une entreprise pourrait être considérée comme sous influence étrangère lorsqu’un pays « adversaire » détient directement ou indirectement plus de 15 % de son capital.

Le problème, c’est que Mercedes-Benz dépasse actuellement ce seuil puisque le groupe chinois BAIC, contrôlé par l’État chinois, possède près de 10 % du constructeur allemand, tandis que Li Shufu, fondateur du groupe Geely, détient près de 10 % supplémentaires. Ensemble, ces participations représentent près de 20 % du capital de Mercedes-Benz.

C’est ce qui explique pourquoi plusieurs experts et analystes surveillent le dossier de près. Selon eux, Mercedes-Benz pourrait se retrouver involontairement dans la ligne de mire d’une loi qui ne visait pas initialement les constructeurs européens. Certains observateurs parlent même d’une conséquence imprévue d’un texte rédigé pour freiner l’expansion de l’industrie automobile chinoise aux États-Unis.

Un constructeur solidement implanté aux États-Unis

La situation est d’autant plus particulière que Mercedes-Benz est fortement implantée sur le territoire américain. Son usine de Tuscaloosa, en Alabama, produit des véhicules depuis 1997 et représente l’un des plus importants investissements industriels du constructeur à l’extérieur de l’Allemagne. L’entreprise emploie plus de 11 000 personnes aux États-Unis et contribue à des dizaines de milliers d’emplois indirects dans sa chaîne d’approvisionnement.

Le projet de loi prévoit certaines exemptions pour les constructeurs qui fabriquent déjà des véhicules aux États-Unis depuis plusieurs années. Toutefois, la présence d’actionnaires liés à un pays considéré comme un adversaire pourrait annuler cette protection, selon l’interprétation actuelle du texte. Ce flou juridique alimente actuellement les débats à Washington et dans l’industrie automobile.

Mercedes-Benz se montre néanmoins confiante. La direction affirme être en discussion avec les autorités américaines afin de clarifier les modalités du projet de loi. Le président du groupe, Ola Källenius, a d’ailleurs indiqué publiquement qu’il ne considérait pas ce dossier comme une menace majeure pour l’avenir de l’entreprise sur le marché américain.

D’autres constructeurs pourraient d’ailleurs être concernés par des mesures similaires. Volvo, Lotus, Polestar et plusieurs autres entreprises ayant des liens financiers avec la Chine sont régulièrement cités parmi les groupes susceptibles d’être touchés par un durcissement de la réglementation américaine.

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