Porsche supprimera 9 000 emplois d'ici 2035

Après une période faste il y a quelques années à peine, le constructeur allemand Porsche traverse maintenant des moments difficiles et se voit forcé de restructurer ses activités. La division iconique du groupe Volkswagen vient donc d’annoncer la suppression de 5 000 emplois d’ici 2035. Cette nouvelle vague de compressions s’ajoute aux 3 900 postes déjà visés par un précédent plan, portant le total à près de 9 000 suppressions d’emplois au cours des prochaines années. Cela représente environ 20% de toute sa main d’œuvre.

La Chine et l’électrique plombent Porsche

Le constructeur fait face à une combinaison de facteurs qui fragilisent sa rentabilité. D’abord, le marché chinois, longtemps considéré comme un moteur de croissance, est littéralement en train de s’écrouler pour Porsche. Pour le premier semestre de 2026, ses livraisons de véhicules neufs ont chuté de 32% là-bas, pour un total de 14 500 unités. Pourtant, en 2022, le manufacturier avait atteint un sommet en sol chinois pour la même période, avec près de 95 000 unités livrées. Ce ralentissement s’explique entre autres par la concurrence accrue des constructeurs locaux et la baisse de la demande pour les véhicules de luxe.

À cela s’ajoutent une transition vers l’électrification beaucoup plus complexe et hasardeuse que prévue ainsi que l’impact des tarifs douaniers américains. Porsche doit également composer avec une gamme de produits temporairement réduite, notamment après la fin de la production du Macan à essence, sans qu’un remplaçant n’arrive avant 2028. Même chose pour les 718 Boxster et Cayman, qui ne sont plus produites et qui ne seront pas de retour avant au moins 2027.

Des garanties pour les employés

En contrepartie des compressions, Porsche a accepté d’assurer jusqu’en 2035 le maintien en fonction de ses principaux sites allemands, notamment ceux de Stuttgart-Zuffenhausen et de Weissach. Cette entente assure également la poursuite des investissements dans le développement et l’innovation afin de préserver le savoir-faire industriel de la marque. L’objectif est de réduire les effectifs sans compromettre les activités stratégiques ni la capacité d’ingénierie qui fait la réputation du constructeur.

L’entente conclue entre la direction et les représentants des travailleurs privilégie aussi les départs volontaires, les retraites progressives et l’attrition naturelle, excluant ainsi des licenciements forcés.

Une vaste restructuration chez Volkswagen

Cette décision s’inscrit dans un vaste programme de rationalisation entrepris par le groupe Volkswagen, confronté aux mêmes défis économiques. La concurrence accrue des fabricants chinois, l’évolution du marché des véhicules électriques et la nécessité de réduire les coûts poussent plusieurs constructeurs européens à revoir leurs stratégies.

En tout, pour contrer la menace des véhicules chinois, entre autres sur le marché européen, le géant allemand prévoit retrancher jusqu’à 100 000 emplois dans les prochaines années. Les prochaines années seront donc déterminantes pour l’avenir du groupe.

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