Carfax, une entreprise privée établie à Calgary, en Alberta, se targue de fournir les rapports d’historique de véhicules les plus complets au Canada. Mais de deux choses l’une : d’abord, aucune autre entreprise privée ne lui fait réellement concurrence.
Et surtout, soutient l’Association pour la protection des automobilistes (APA), plus du tiers des compagnies d’assurance qui font des affaires au Québec ne partagent pas avec Carfax les renseignements découlant des réclamations qu’elles traitent, les plus importantes étant Intact et Belair Direct.
« Or, dit l’Office de la protection du consommateur (OPC), les représentations de Carfax sur son site Web donnaient aux consommateurs l’impression générale que ses rapports d’historique de véhicule étaient complets. »
C’est ce qui a valu à Carfax les accusations portées par l’Office devant la justice québécoise : avoir contrevenu à l’article 228 de la Loi en passant sous silence que les informations du rapport d’historique d’un véhicule pouvaient être incomplètes. Carfax a plaidé coupable à ces accusations l’été dernier et a été mise à l’amende pour 32 640 $.

Article 228 de la Loi sur la protection du consommateur :
Aucun commerçant, fabricant ou publicitaire ne peut, dans une représentation qu’il fait à un consommateur, passer sous silence un fait important.
Bonne nouvelle : depuis, de petits caractères apparaissent au bas de la page d’accueil du site Internet de Carfax. Essentiellement, ils rappellent que « les rapports d’historique de véhicules de CARFAX Canada sont basés uniquement sur l’information fournie à CARFAX Canada (…). D’autres informations concernant le véhicule, y compris les problèmes, peuvent ne pas avoir été rapportées à CARFAX Canada. »
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Bon an mal an, Carfax dit vendre, à partir d’une soixantaine de dollars, plus de 5 millions de rapports d’historique au Canada.

Quand toute l’histoire n’est pas racontée
Pour le directeur de l’APA, George Iny, l’entreprise Carfax est certes performante quant à la cueillette de données dans la plupart des provinces canadiennes. Mais parce qu’elle n’a pas réussi à s’entendre avec tous les assureurs qui exercent leurs activités au Québec, plus du tiers d’entre eux ne lui transmettent pas leurs renseignements. Certains accidents ayant causé d’importants dommages peuvent donc ne pas apparaître dans les rapports d’historique qui circulent sur le marché québécois des véhicules d’occasion.
M. Iny rappelle qu’un dossier Carfax vierge n’est pas une garantie qu’un véhicule n’a jamais été accidenté ou qu’il n’a jamais subi de lourds dommages, et qu’une inspection mécanique et un essai routier demeurent les éléments clés pour se prémunir contre les mauvaises surprises.
Bref, même si le site Internet de Carfax continue de clamer en grosses lettres que ses rapports d’historique sont « les plus complets au Canada » et permettent « à l’acheteur potentiel de s’assurer que le véhicule lui a été fidèlement représenté », faites vos propres recherches, notamment en consultant l’historique de propriété offert par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). Lisez ici les 12 recommandations de notre reportage « pour ne pas acheter le trouble des autres ».
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